Mot du mois

de mai

Et si nous vivions la charité ?

 

Certaines personnes de la paroisse disent « on se sent bien dans votre paroisse on y est heureux, on se sent accueilli… » d’autres se posent la question réellement « vivons-nous vraiment en Catholique c’est à dire en nous mettant au service de notre prochain ? »

 

Je vais reprendre quelques passages d’un article du journal « La Croix » qui nous dit que la charité, peut paraître un mot un peu vieillot…

Pourtant c’est l’une des trois vertus théologales. La charité, la caritas, est avec la foi et l’espérance un don de Dieu pour le bonheur de son peuple et de chacun de ses membres. La charité est l’amour du prochain en acte, elle est liée à la pratique de la justice. Benoît XVI dans l’encyclique Deus caritas affirme que la caritas sera toujours nécessaire, même dans la société la plus juste.

 

Voyez-vous, ce service de l’amour doit s’organiser dans l’acte du soin sous toutes ses formes. Car la vertu de la charité donnée gratuitement par Dieu est cette capacité à aimer et à être aimé en retour. L’Église a donc pour mission de mettre en œuvre pour l’humanité entière et donc pour CHAQUE paroissien de l’Immaculée Conception, TOUT ce qui concourt à l’amour en ACTE.

 

Ce principe se fonde déjà dans les Écritures, et les papes aux XXe et XXIe siècles ont affirmé avec force l’urgence de son exercice. Ainsi par exemple, en 1931, dans l’encyclique Quadragesimo anno, Pie XI insiste sur la notion de doctrine sociale. Plus proche de nous, en 1988, dans l’encyclique Sollicitudo rei socialis, le Saint Pape Jean Paul II encourage le développement de l’homme, dont il faut prendre soin. Le concile Vatican II pousse avec force l’Église à être solidaire de toute l’humanité dans la constitution pastorale Gaudium et Spes. Et même en France en 2007, les évêques ont publié, à l’occasion de l’élection présidentielle, le document

Qu’as-tu fait de ton frère ?

 

Voilà donc cette question que chacun de nous doit se poser dans notre paroisse :

« Qu’as-tu fait de ton frère ? ».

 

En effet lorsque je viens à la Messe le dimanche est-ce que je prends le temps de connaître une nouvelle personne ? Le monsieur ou la dame qui se trouve seul ? Le nouvel arrivant que je n’ose côtoyer car peut-être différent, pas de mon milieu, plus jeune ou plus vieux que moi ?

Ou tout simplement parce que je ne sais qui il est et que je préfère rester avec ceux que je connais ?

Qu’as-tu fait de ton frère ?

 

Wally Charlotte, une paroissienne, me disait récemment, je suis scandalisée de voir certaines personnes qui le dimanche entrent ou sortent de l’église sans que personne ne vienne vers eux pour un simple bonjour, un simple geste d’amitié, ou bien même d’apprendre à le/la connaitre ?

Qu’as-tu fait de ton frère ?

 

Nous allons donc reprendre prochainement les T.O.P. (Tables Ouvertes Paroissiales). Essayer de trouver et d’aider les personnes qui ne mangent pas à leur faim, ou qui ont des fins de mois difficiles (et il y en a plus qu’on ne le pense) et que la Banque Alimentaire paroissiale pourra aider.

Nous essayerons aussi de vivre un temps d’accueil au début de nos messes, découvrir et accueillir ceux qui se trouvent sans famille, et qui vivent difficilement leur solitude. Peut-être aussi monter une équipe d’accueil aux portes d’entrée de la paroisse ?

Qu’as-tu fait de ton frère ?

 

Trop nombreux sont ceux qui passent les fêtes de Pâques, de Noël et d’autres moments qui devraient être festifs dans la plus grande solitude et la précarité.

Qu’as-tu fait de ton frère ?

 

Souvenons-nous que, à temps et à contretemps, l’Église rappellera toujours la parole de la 1ère lettre de St Paul Apôtre aux Corinthiens qui prévient :

« J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.

J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien.

J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien.

L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil… »

 

que Dieu vous bénisse, vous et vos familles,

Père de Joigny – Heureux Curé de l’Immaculé Conception